La maladroite de Alexandre Seurat – Un récit glaçant de vérité

Collection La brune (Editions du Rouergue) - Année 2015 112 pages
Collection La brune (Editions du Rouergue) – Année 2015
112 pages

S’il y avait eu un livre dont j’attendais beaucoup de cette rentrée littéraire, ce serait surement celui-là.
Le premier roman d’Alexandre Seurat est basé sur le meurtre de la petite Marina tuée sous le coups de ses parents en 2009, en Sarthe. Vivant au Mans, ce fait divers m’intéresse beaucoup.

Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d’une enfant de 8 ans. La photo est un choc pour une institutrice qui a bien connu cette gamine. Pour elle, pas de doute : cette Diana n’a pas été enlevée, elle est déjà morte, et ses parents sont coupables. Remontant le temps, le roman égrène les témoignages de ceux l’ayant côtoyée, enseignants, grand-mère et tante, médecins, assistants sociaux, gendarmes…
Témoins impuissants de la descente aux enfers d’une enfant martyrisée par ses parents qui, malgré les incitations à parler de plusieurs adultes, refusera de les dénoncer. Ce roman est inspiré par un fait divers récent largement médiatisé car, en dépit de plusieurs signalements, l’enfant n’avait jamais bénéficié de protection. Loin de tout sensationnalisme, l’auteur rend sa dimension tragique à ce drame de la maltraitance.

Un fait divers… voilà ce à quoi la petite Marina fut réduite après l’avis de recherche lancé et son corps retrouvé dans un bloc de béton. C’est une histoire qui m’avait glacé le sang en 2009 et qui avait ébranlé le système tant social que judiciaire.

Alexandre Seurat rend sa dignité à la petite Marina, la fait entrer dans les mémoires et peut-être que c’est une leçon qu’on saura retenir pour l’avenir.
L’auteur a choisi de parler de cette enfant maltraité par ses parents au travers de différents protagonistes qui ont vu Diana/Marina grandir au jour le jour, qui ont essayé ou tenté de faire quelque chose tout en se heurtant au système.

Les mots choisis avec soin par Alexandre Seurat m’ont brisé le coeur, malmené dans ma chair et pourtant le récit est loin d’être violent. On ne connait rien des sévices réels que Diana a subi mais comme l’institutrice, les directrices d’écoles successives ou le policier nous sommes impuissants devant la souffrance évidente d’une petite fille, devant les soupçons qui s’accumulent et qui sont insuffisant pour la sauver.

Diana est une petite fille maladroite dit-on… Elle a une maladie grave… Voilà, les raisons avancées par ses parents devant l’administration scolaire expliquant les différentes blessures de Diana. Les parents ont l’air au dessus de tout soupçon, ils présentent un front uni de la parfaite et heureuse famille. Mais pourquoi leur haine ne s’exprime-t-elle que sur Diana? C’est une question qui reste inexpliquée.

C’est un récit poignant dont je n’ai pu qu’inlassablement tourner les pages et connaitre ces petits témoignages des protagonistes qui ont connus Diana et qui essayent tous de se persuader  : « On avait fait ce qu’on avait pu ».
La fin est connue d’avance et pourtant je m’y suis dirigée d’une traite. Et alors même que je fonçais dans le mur, j’avais toujours l’espoir que Diana serait sauvée.

Ce livre de la rentrée littéraire est une vraie pépite. J’ai hésité longtemps avant de lui décerner ma note coup de coeur car je me demandais vraiment si je pouvais avoir autant aimé une récit s’appuyant sur des faits réels aussi horrifiques.
Ma la réalité est là. J’ai aimé la façon dont Alexandre Seurat a mené son récit en retranscrivant les témoignages comme si j’avais pu assister au procès.

Notes Coup de coeur

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12 réflexions sur “La maladroite de Alexandre Seurat – Un récit glaçant de vérité

    1. Malheureusement ce roman nous confronte à la réalité. L’auteur n’a pas joué à Dieu avec ses personnages comme dans les livres qu’on a plus l’habitude de lire.
      Et la réalité est cruelle. J’ai eu l’occasion de lire les conclusions d’avocat dans mon travail, et cela m’a soulevé le coeur. Alexandre Seurat n’a heureusement pas la même brutalité pour décrire les faits mais l’histoire n’en reste pas moins glaçante.

      Aimé par 1 personne

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