La Belle et la Bête de Christophe Gans – La romance qui passe à la trappe…

Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier
Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier – Année 2014

Au départ, je ne souhaitais pas faire de chronique sur « La Belle et la Bête », beaucoup de blogs en ont déjà largement parlé. Mais, voilà, à force de discuter avec mes amies de la déception que j’ai eu à voir ce film, j’ai voulu également partager mon ressenti ici.

La Belle et la Bête est mon conte préféré et j’attendais énormément de cette nouvelle adaptation, surtout après vu la bande annonce. Et même si en général les films français ne sont pas mes préférés, j’étais prête à faire une exception à ma règle « sans film français, je me porte psychologiquement mieux! ». C’était donc avec beaucoup d’impatience que je suis allée voir le film avec ma meilleure amie.
Mais quelle ne fut pas notre déception!

1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. 
Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.
Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.
Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine.
Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux.
Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son cœur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

Avant de me laisser aller à la critique, je vais tout de même commencer par ce que j’ai aimé. Et pour le coup, j’ai adoré le traitement de l’image. Tout est fait en image de synthèse, mais cela ne me dérange absolument pas. J’ai complètement basculé dans l’univers fantastique, imaginaire et fantasmagorique que Christophe Gans a créé. Aucune couleur pâle, tout est lumière vive. Pour moi, on retrouve ici une certaine influence de Tim Burton et j’ai tout de suite pensé à « Alice aux pays des merveilles ». J’en ai pris plein la vue et rien que pour cela, je ne me suis pas déplacée pour rien! Malheureusement c’est à peu près tout ce que je peux dire de positif sur le film…

Par où commencer… J’ai encore du mal, bien que cela fait deux semaines que j’ai vu le film, à organiser ma pensée. Essayons de débuter par le début!

Tout d’abord, attaquons-nous aux acteurs. Un mot : PITOYABLE! Tous les acteurs m’ont fait l’impression d’être de jeunes diplômés du cours Florent où ce film serait leur premier fait d’armes. Mais attendez… André Dussollier n’aurait-il pas quarante ans de carrière derrière lui? Vincent Cassel ne serait-il pas le petit français qu’on expatrie aux states? Lea Sydoux n’a-t-elle pas été primé à Cannes l’an dernier (bien que je ne puisse pas vraiment supporter cette actrice)? J’attendais forcément d’eux d’avoir un jeu à peu près potable… Cependant à l’image de leur personnage stéréotypé, leur jeu ne décolle pas du plancher des vaches! Pourtant, une actrice a été bien plus horrible : Audrey Lamy. Où comment scène de ménage lui colle à la peau! A chaque fois qu’elle apparaissait à l’écran, j’ai cru à un sketch où on pourrait entendre des rires enregistrés en fond sonore.

Ensuite, attaquons-nous aux détails qui clochent. Belle est la plus belle de toutes les filles du riche marchand, mais pas vraiment la plus intelligente. Cela fait un mois qu’elle vit dans la maison de campagne, mais dans son potager pousse des citrouilles plus grosses que le carrosse de Cendrillon. Alors que son père part pour la ville faire quelques courses, elle lui demande une rose. C’est bien par rapport à ses sœurs, mademoiselle n’est pas dépensière, mais elle demande cette rose, car elle n’a jamais pu en faire pousser une dans le jardin. Oh réveille toi ma Belle, tu es dans ce trou perdu depuis un mois et c’est l’hiver. Il est donc tout à fait normal que tes roses ne poussent pas!

Je vais continuer à l’enfoncer encore un peu. Avance rapide dans le film, Belle part à la découverte du château et fait la connaissance – soi-disant – de petites créatures aux grands yeux larmoyants. La narratrice (Belle) précise que ce sont devenus ses meilleurs amis, mais là encore problème, elle n’a aucune interaction avec eux.

Cela j’aurais pu le pardonné – parce que ce n’est pas vraiment un détail intéressant et surtout important – si cette interaction n’avait pas reflété l’intégralité du film.

Quand je pense à la relation de la Belle et la Bête, je m’attends à de la romance, à ce que les héros soient attirés comme des aimants l’un par l’autre et que malgré leur différence, ils ne peuvent restés séparés. MALHEUREUSEMENT, je n’ai pas retrouvé cette attirance, cet amour de conte de fées dans le film. Et comment il aurait pu en être autrement alors que la Belle et la Bête partage, en tout et pour tout, trois scènes ensemble. À aucun moment, ils n’apprennent à faire connaissance, à se découvrir afin de dépasser les préjugés. Belle déclare son amour à la Bête alors qu’elle agonise dans le bassin magique par un « Je vous aime déjà »! La réplique est évidente, ma meilleure amie m’a même glissé à l’oreille mot pour mot les paroles de la Belle avant que celle-ci les prononce. Toutefois, cela arrive comme un cheveu sur la soupe et la manière de déclamer la réplique de Léa Seydoux n’est absolument pas convaincante.
Ainsi, tout le charme est perdu. Et cela est encore plus accentué par la morale qui disparaît totalement. L’histoire est vidée de sa substance.

J’écris cet article alors qu’on est en pleine journée de la femme donc comment passer à coté du fait que le film nous montre que les femmes sont interchangeables aux yeux des hommes. Je n’ai pas encore lu le livre de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve – je vais essayer de le caser dans ma PAL – donc je ne sais si le film suit exactement la mythologie du livre. Ici, on apprend ce qu’était la vie de la Bête lorsqu’elle était encore un beau prince. J’ai aimé ce fait même si je trouve que cela prend trop le pas sur l’histoire qui m’intéressait véritablement. L’épouse du beau prince est aussi blonde à la peau claire que la Belle. Et c’est uniquement pour ça que la Bête tombe sous le charme de la Belle… Cela ne vous révolterait pas de savoir que l’homme que vous aimez vous aime en retour parce que vous ressemblez à sa défunte épouse, épouse qu’il a tant aimée!!!

Enfin, après avoir parlé de la Belle de long en large. Attaquons-nous à la Bête (Tuons la bête!)! Au lieu d’être le monstre redouté de tous, plus énorme encore qu’un lion, la Bête m’a fait l’effet d’être un gros matou. Pas vraiment redoutable comme image! Heureusement que la voix de Vincent Cassel est grave et profonde pour prendre la place laissée libre par le costume.

Vous l’aurez donc compris, à part le traitement de l’image, le reste m’a laissé de marbre!


4 réflexions sur “La Belle et la Bête de Christophe Gans – La romance qui passe à la trappe…

  1. J’arrive un peu après la guerre comme on dit, mais je suis entièrement d’accord et c’est quasiment ce que j’ai écrit dans mes critiques. Par contre pour le « Oh réveille toi ma Belle, tu es dans ce trou perdu depuis un mois et c’est l’hiver. Il est donc tout à fait normal que tes roses ne poussent pas! » je n’y avais même pas fait attention mais EN EFFET ! Quelle gourde celle-là à mettre la vie de son père en danger alors qu’elle n’y connait rien en jardinage de base ! ^^

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    1. Désolé pour avoir mis autant de temps à répondre à ton commentaire. Ce dernier a joué à cache-cache avec moi, et je ne l’ai remarqué qu’aujourd’hui!

      J’attendais beaucoup de cette adaptation et du coup, à chaque fois que quelque chose clochait, cela me sautait aux yeux. Même si le fait que les jours et les saisons se déroulent bizarrement est une caractéristique des contes qui doivent rester au maximum intemporel.

      Une si petite chose comme une rose a entraîné beaucoup de conséquence! Belle, normalement intelligente, aurait dû lire un livre de jardinage au lieu d’une romance!

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      1. Et je ne viens de voir ta réponse qu’aujourd’hui. Ça sent le complot pour qu’on ne casse pas le film ça ^^ D’ailleurs je ne crois qu’il ait bien marché au cinéma. En tout cas dans celui où je travaille il n’est pas resté longtemps. L’adaptation de contes au cinéma est un exercice difficile parce qu’il faut donner une dimension autre que celle du fantastique. Des fois j’aime bien poser mon cerveau au cinéma mais pour la Belle et la Bête j’attendais vraiment plus qu’une « jolie » image. Sur le papier ç’avait tout l’air d’être super mais en vrai c’est un soufflé raté !

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